Le projet MITEHAFA met en place des groupes de parole pour le personnel hospitalier

Coronavirus & santé mentale : Le projet MITEHAFA met en place des groupes de parole pour le personnel hospitalier

En première ligne, la totalité du personnel hospitalier Malagasy affrontent avec courage et abnégation et avec les moyens mis à sa disposition le Coronavirus responsable de cette pandémie.

Médecins, infirmiers et infirmières, aides-soignants et aides-soignantes mais aussi personnel d’appui et agents administratifs… sont confrontés à une surcharge de travail, à la souffrance parfois extrême des patients et patientes, à l’échec d’un traitement et même à la mort… Nombreux aussi sont les professionnels de santé venant prêter main-forte dans d’autres services que le leur, à apprendre en urgence des gestes et des pratiques nouvelles… En d’autres termes, ces agents de santé exerçant en milieu hospitalier vivent aujourd’hui une expérience professionnelle totalement inédite, générant du stress et un sentiment d’impuissance souvent intériorisé.

Particulièrement dans le cadre du projet MITEHAFA, mis en œuvre par le consortium Humanité & Inclusion, Douleurs Sans Frontières et SOS Villages d’Enfants, un soutien psychologique et psychosocial est fourni au personnel de quatre Centres Hospitaliers Universitaires accueillant des patients et patientes touchés par la COVID-19 à Antananarivo et Toamasina, y compris le CHU de Morafeno.

Le premier groupe de parole du CHU de Morafeno a été mis sur pied mercredi 8 juillet dernier afin de permettre aux membres de son personnel d’exprimer leurs stress et de les apprivoiser. Animée par une psychologue, cette pratique est plus que jamais essentielle au bien-être de ces agents hospitaliers en prise chaque jour avec le COVID-19.

Ainsi, l’information a été passée aux personnels par le responsable de l’hôpital. Treize participants (médecins, infirmiers, personnel d’appui, pharmaciens, agents administratifs) étaient présents. Ils n’avaient aucune idée du déroulement de la rencontre, mais sentaient qu’ils en avaient besoin.

Le principe établi est simple : le groupe de parole est un temps de parole collectif, on choisit de faire le tour pour permettre à chacun et chacune de s’exprimer. La psychologue animatrice du groupe définit le thème et explique les règles de confidentialité et de respect. Après une appréhension au départ, la discussion s’engage d’abord timidement puis ne s’arrête plus durant une heure et demie.

À la fin de la séance, les participants et participantes semblaient être surpris de l’effet de la réunion. La peur de s’exprimer en public qui paralysait, a été progressivement contrôlée. Puis, l’on se rendait compte que face à la situation actuelle, ces personnes ont toutes eu le même ressenti et se sentent soulagées d’avoir eu ce temps pour échanger entre elles.

Ce genre de pratique n’est pas encore très diffus à Madagascar, ce qui explique la possible réticence de se prêter à l’exercice que certains peuvent exprimer au départ, mais il est généralement constaté que les effets sont bénéfiques pour les personnes participantes, qui se sentent délivrées d’un certain poids en confiant leur ressenti aux autres membres du groupe et en constatant à quel point elles sont dans le même bateau, unies par la situation commune. Le groupe de parole constitue un parmi beaucoup d’autres dispositifs mis en place par le projet MITEHAFA, à travers les équipes mobiles de psychologues et d’assistant-e-s sociaux-les pour soutenir le personnel de santé, les patients et leurs familles, pour ne citer que les entretiens individuels et les séances de relaxation. Le soutien psychologique et psychosocial vient compléter à point nommé dans ce contexte de crise sanitaire les soins médicaux que dispense le personnel hospitalier.

Sur la photo : L’équipe du projet au CHU-JRB Antananarivo

Photos :
© Elie Rosse INDROZELINA, HI
© Joëlle RIVOAL, DSF

Cet article a été établi dans le cadre d’un projet mis en oeuvre avec l’aide fi nancière de l’Union européenne. Les opinions exprimées dans cet article ne
doivent en aucun cas être considérées comme refl étant l’opinion offi cielle de l’Union européenne.

SOS Villages d’Enfants Madagascar est une association Reconnue d’Utilité Publique, qui agit en faveur de la protection des enfants s’appuyant sur un principe simple : Chaque enfant a sa place dans une famille et grandit dans un climat d’affection, de respect et de sécurité.

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